lundi 21 novembre 2016

Toi mon oiseau rare

toi mon oiseau...rare

 il m'est difficile d'aborder le sujet de l'amitié
sans penser à mon ami,
mon ami intime,
mon vrai ami.
un dicton arabe sur l'amitié qui se confond avec la fraternité,
et se fond en elle:
" la vie peut te procurer un frère que ta mère n'a pas enfanté"
cela veut dire, tout simplement, que tu peux rencontrer
une personne avec qui tu lies connaissance;
elle devient ton ami, puis ton ami préféré, puis ton ami intime;
et avec le temps cette personne transcende au cercle familial,
et s'assimile à ton frère;
il arrive même qu'elle devient ton frère préféré,
ton frère intime;
elle devient ton bras droit,
ton appui, ton support dans les moments difficiles;
bref, elle devient ton second moi avec qui tu échanges ta boîte noire,
cette boîte où tu caches les secrets que personne d'autre
n'y accède pour les consulter.
il est vrai que j'ai eu à travers le parcours de la vie,
des amis de tous bords:
* amis de première enfance,
* amis d'enseignement coranique,
* amis d'enseignement primaire,
* amis d'enseignement secondaire,
* amis d'enseignement supérieur,
* amis du secteur public,
* amis du secteur privé,
* amis de la vie politique,
* amis de la vie intellectuelle,
* amis de la vie tout court,
* et enfin, amis d'outre mer, à travers toute la planète.
il est à signaler avec grand intérêt que certains amis d'outre mer
arrivent à devenir des amis intimes de très haut degré.
en tout cas en ce qui me concerne personnellement, j'en ai eu au moins
un douzaine à travers le monde.
il est vrai aussi, et fort heureusement,
que la vie continue à offrir d'autres amis,
hommes et femmes,
dont certains et certaines ont pu accéder rapidement
à des degrés bien élevés sur l'échelle de la considération et du respect.
c'est dire, et c'est l'expérience de la vie qui va le justifier, le prouver,
que la force et la puissance de l'amitié n'est pas en rapport avec l'ancienneté.
dans mon article du 6 Juillet 2009,
intitulé l'amitié, j'ai écrit:
""l'amitié est un bien précieux et rare,
plus précieux que n'importe quel trésor,
plus rare que la rareté elle-même;
quand on a la chance de rencontrer cet oiseau rare, il ne faut jamais commettre la grosse bêtise de le perdre, de le laisser échapper. un vrai ami ne lâche pas prise facilement, car il n'est pas intéressé matériellement, mais il a sa sensibilité, son amour propre, sa dignité, alors ne t'amuse pas à le caresser à rebrousse-poil.""

000
le présent article tente de traiter justement un exemple d'amitié
qui n'as pas lâché prise facilement,
bien au contraire, il a su résister à toutes les vicissitudes
de la vie, contre vents et marées.
cet ami a surclassé les autres sur tous les plans,
y compris le facteur temps, l'ancienneté.
et en application du dicton arabe cité ci-dessus,
cet ami, comme par magie, s'est métamorphosé en frère.
moi que le destin m'a privé de trois frères
que chacun d'eux a vécu l'espace d'un matin,
en empruntant l'expression de Ronsard:
" et rose, elle a vécu ce que vivent les roses,
l'espace d'un matin",
je me suis senti tout comblé d'avoir récupéré l'un de mes trois frères;
ou plus précisément, d'avoir récupéré les trois en cet ami
que le ciel m'a envoyé pour mettre fin à ma solitude.
cette amitié a pris naissance dès l'entrée scolaire d'octobre 1947.
elle a duré soixante-cinq ans, et elle dure encore;
elle est plus fraiche que l'eau fraiche;
elle est plus solide que le granite;
elle est plus rayonnante que le diamant.
il est vrai que tous les deux nous avons pris un sacré coup de vieux,
c'est tout à fait normal,
mais nous avons cumulé une montagne de choses à raconter
entre nous d'eux, rien qu'entre nous;
certaines choses nous font rire,
d'autre nous font pleurer.
de cette amitié,je ne peux donner qu'un aperçu très succinct,
car raconter une vie d'amitié qui s'étale sur plus d'un demi siècle,
cela mérite, à mon avis,
un ouvrage de plusieurs tomes, sous le titre:
" toi...mon oiseau rare!!!"
000
à suivre
hamid albachir almakki
juillet 2010
  

Debra artiste coiffeur

 Débra artiste coiffeur

à l'époque de ma toute première enfance,
les hommes, de souche paysanne, se faisaient raser la tête,
la barbe et la moustache, chez un barbier ambulant,
sur la place jamaa fna,
ou sur certaines places publiques,
comme à bab taghzout,
ou bien à l'extérieur des remparts, en face de bab doukkala, par exemple;
les vrais citadins, fréquentaient un salon de coiffure,
boutique plus ou moins spacieuse,située la plupart du temps
dans une souiqa ou petit centre commercial de quartier.
les hommes qui se rasaient la tête et la barbe,
formaient une minorité.
la majorité se rasait uniquement la tête et la moustache;
par contre, elle se contentait d'arranger la barbe;
celle-ci était laissée carrément pendante,
ou d'une longueur ne dépassant pas la prise de cinq doigts dite gabda,
ou bien courte, même parfois très courte, d'à peine deux ou trois millimètres.
cette différence de configuration de la barbe tenait à la différence des sectes;
chaque musulman, de par la tradition transmise de père en fils,
se devait de respecter la secte à laquelle appartenait sa famille.
les différentes sectes coexistaient ensemble,
sans conflit ni violence.
chaque secte s'identifiait à un marabout ou saint dont le mausolée
se trouvait au sein de la ville ou à la campagne,
lieu de naissance ou de résidence,
ou même dans une contrée loitaine,
comme le cas de moulay abdelkader jilany
dont le tombeau est à baghdad.
on avait élevé à ce saint toute un série de zaouyas
à travers tous les pays islamiques,
aussi bien en orient qu'en occident.
par ailleurs, les différentes classes sociales se différenciaient
par la tenue vestimentaire, le genre de couvre-chef
dont les principaux types sont le turban, le bonnet, le fès;
elles se distinguaient aussi par le style de babouches, de poignard,
de chapelet, et aussi par le sac en cuir
qui renfermait un exemplaire du manuscrit boukhari,
un recueil de hadiths du Prophète;
ce recueil était appelé dalil ou guide vers la voie juste.
avec l'occupation étrangère, certains hommes avaient commencé par imiter
les européens dans leurs coutumes et us.
ils s'habillaient et se coiffaient à l'européenne.
il s'agissait principalement de soldats enrôlés
par l'armée de l'occupant,
de fonctionnaires subalternes recrutés par l'administration coloniale,
de garçons de café, de restaurant et d'hôtel,
de domestiques au service de la gente européenne.
les gens de la médina regardaient d'un mauvais oeil ceux-là qui
avaient offert leurs services à la présence coloniale.
retournons au vif du sujet.
000
si les hommes avaient leur barbier traditionnel, ou leur coiffeur moderne,
les femmes, par contre, s'occupaient, elles-mêmes, des soins de leurs corps.
souvent, elles échangeaient ces services, réciproquement
entre elles, surtout à l'occasion d'une séance de bain maure.
les jeunes filles étaient prises en charge, à cet effet,
par leurs mères, grand'mères, tantes ou soeurs aînées.
il faut signaler qu'à cette époque,
laisser sa chevelure s'allonger jusqu'à trainer par terre
était un atout d'extrême beauté.
par ailleurs, la femme gardait son pied à l'intérieur du foyer conjugal,
s'attachant à effectuer les corvées quotidiennes,
préparant le manger pour son mari et ses enfants,
lavant le linge, nettoyant la maison;
certes elle se faisait aider souvent par d'autres femmes,
telle qu'une grand'mère, une soeur cadette, une fille aînée.
ensuite, elle se faisait belle, à l'approche du retour de son époux.
à cette fin, elle peignait soigneusement sa chevelure,
l'entourait d'un châle en tissu fin,
mettant ainsi en relief, la couleur de ses cheveux,
en s'attachant à ce que le châle
soit en harmonie avec le style des vêtements.
j'ai gardé ancré dans ma mémoire les clichés de nos voisines
qui avaient tout un art de vivre caractérisé par la finesse et la simplicité.
ces femmes s'entraidaient entre elles afin de temporiser les différences,
à les faire pratiquement disparaître.
abstraction faite de leurs âges, leurs couleurs de peau,
leurs conditions sociales,
elles oeuvraient à tisser des liens intimes entre elles,
en allaitant réciproquement leurs nourrissons,
en s'entraidant à tour de rôle dans les corvées ménagères,
tantôt chantant en chorale, tantôt dansant en ronde.
c'est grâce à cette noble tradition
que j'avais eu des frères et des soeurs de lait.
à comparer à cette vie actuelle dite moderne caractérisée
par le culte du Moi dont l'adage est:
" après moi le déluge"
ce n'est pas étonnant que le phénomène suicide
se répand comme un feu de paille à travers cette pauvre planète.
le genre humain a exterminé la solidarité.
fort heureusement le genre animal l'a préservée!!!
quand passerons-nous à l'ère post-post-moderne?
à vrai dire, quand allons-nous comprendre
que le salut de l'humanité réside dans le retour aux sources?
000
retour à notre sujet, une seconde fois.
je vous rappelle le titre de mon article:
" débra...artiste-coiffeur"
cet artiste coiffeur était, à ce qu'il me semblait, unique en son genre.
il s'appelait " sy mohamed débra"
il était ami de mon père;
il était aussi son coiffeur préféré;
à vrai dire, son coiffeur unique.
un jour, mon père m'emmena chez sy mohamed débra.
je devrais avoir probablement l'âge de cinq ans, ou un peu plus.
avant, j'avais la boule rasée à zéro sauf une mèche centrale
dont l'extrémité était ornée par une pièce de monnaie trouée dite gourch,
et un petit coquillage tout blanc qui bloquait le gourch.
j'avais aussi l'oreille droite percée dans la partie centrale du nobule;
un anneau en fil d'argent traversait le trou et pendait
sous l'oreille, ajoutant ainsi un peu de charme
à la tête du garçonnet que j'étais.
j'entendais ma mère et mes deux tantes dire
que la pièce de monnaie attirait la richesse,
que le coquillage protégeait des djinn,
et que la boucle d'argent prolongeait la vie.
mon père qui fréquentait les oulémas de ma ville natale
ne croyait pas du tout à ces sornettes.
il avait fini par me débarasser lui-même de cette maudite mèche,
il l'avait coupée à l'aide d'un couteau,
et l'avait balancée par dessus notre terrasse.
un beau matin, il m'emmena au bain maure,
après la séance du bain, pendant qu'il était en train de m'habiller,
il écarta l'anneau au niveau du trou pour pouvoir
le retirer de mon oreille.
ainsi il me libéra de cet objet que je n'avais jamais apprécié.
depuis j'étais tout content et tout fier de ressembler à mon père.
000
c'était dans cette situation que mon père m'emmena avec lui
chez son coiffeur pour m'arranger les cheveux selon la coupe moderne.
je fus agréablement surpris par le salon de coiffure débra.
c'était un vrai bijou.
les battants de la porte entrouverts laissaient pendre un rideau
que j'observais pour la première fois.
il était composé de tiges qui pendaient d'un bout à l'autre de la porte,
chaque tige était constituée de baguettes en bois vernis,
reliées entre elles à l'aide d'une corde fine
qui traversait une bille intercalaire en porcelaine;
les billes de chaque tige étaient de différentes couleurs;
l'ordre des couleurs, d'une tige à l'autre, était en dents de scie.
quand une personne entrait ou sortait du salon,
le rideau faisait un bruit de claquettes provoqué par
les tiges qui s'entrechoquaient les unes sur les autres,
dans un mouvement de vagues.
c'était très agréable à voir et à entendre;
surtout par un garçonnet comme moi
qui assista à ce spectacle pour la première fois.
à l'intérieur du salon, les murs étaient peint en vert pastel.
toute la boiserie était peinte en vert bouteille.
un banc en bois, couleur vert bouteille, lui aussi,
longeait le mur gauche, d'un bout à l'autre.
son siège était couvert d'un tapis de peau de vache,
taillé sur mesure.
le dessous du banc était constitué d'une série de placards qui servait
de rangement des serviettes et des produits de coiffure.
au dessus du banc, à une hauteur de deux mètres environs du sol,
une étagère longeait elle aussi le mur, d'un bout à l'autre.
tout un arsenal d'instruments de musique était rangé
sur cette étagère: un luth, un violon, un tambourin,
des flûtes de différentes longueurs, etc...
" mais que diable sont venus faire ces instruments de musique,
sur cette étagère, dans un salon de coiffure, me suis-je demandé?"
je n'aurais pas de réponse dans l'immédiat.
ce ne fut qu'après plusieurs séances de coiffure
que j'allais découvrir le secret.
le long du mur droit était placés deux sièges d'un style ancien
sur lesquels s'asseyaient deux clients d'une seule filée;
débra avait l'art de coiffer ses clients,
le plus souvent l'un après l'autre,
mais quelque fois, les deux ensemble,
sans le moindre problème;
il passait ainsi d'un siège à l'autre,
rasant la tête de celui-ci,
la barbe de celui-là;
il opérait de cette manière quand il s'agissait d'amis intimes.
il avait un poste radio qui lui permettait de s'informer
sur les évènements à travers le monde.
conteur de talent, il avait l'art de raconter à ses clients
les dernières nouvelles politiques;
les clients, assis sur le banc au tapis de peau de vache,
sirotaient leur thé à la menthe, servi dans des verres de cristal
de différentes couleurs
et écoutaient avec intérêt ce que débra leur narrait.
000
continuons la description du salon.
deux lavabos en porcelaine blanche étaient logés dans une table
elle aussi en porcelaine, la bordure des lavabos, arrondie,
dépassait de peu la surface de la table.
toute un ensemble d'articles de coiffure étaient
savamment rangés sur cette table;
notre coiffeur s'en servait et les remettait immédiatement
à leurs places respectives, après les avoir nettoyés.
je saurais par la suite que notre coiffeur n'acceptait pas n'importe
quel passant demandant à se faire coiffer la tête
ou se faire raser la barbe.
débra avait sa propre clientèle, en nombre limité,
sélectionnée avec rigueur.
c'était en quelque sorte un club fermé.
les membres de ce club étaient principalement des artisans
résidant dans le voisinage du salon de coiffure.
mon père faisait partie de cette caste.
terminons la description du salon.
au dessus de la table de travail en porcelaine, deux miroirs
étaient accrochés au mur, chaque miroir était en face de chaque lavabo.
d'un style très ancien, les deux miroirs identiques
étaient entourés d'un cadre en cuivre rouge sculpté.
ce même cuivre rouge servait de bordure aux accoudoirs des sièges.
au fond du salon, se trouvait un meuble de même style que la table de travail.
en bas de la table de ce meuble se trouvaient trois placards
qui servaient de rangement aux vêtements de notre ami le coiffeur.
j'allais apprendre par la suite que débra logeait dans son salon
du samedi au jeudi;
le vendredi, jour de congé en terre d'islam,
il le consacrait à sa mère qui habitait
en banlieue de la ville.
la table du meuble servait pour ranger des ustencils de cuisine
et d'assise à un fourneau à pétrole.
à l'angle droit du meuble, à proximité de la table de travail,
un phonographe ancien était installé;
débra mettait un disques en graphite 78 tours,
faisait fonctionner le phonographe à l'aide d'une manivelle;
il mettait l'aiguille sur le sillon extérieur.
un air mélodieux se dégageait alors
provoquant une sensation d'extase dans le fort intérieur des clients.
débra était tout fier d'être pratiquement le seul coiffeur
de la ville à pouvoir offrir à sa clientèle
cette ambiance musicale.
 sa discothèque était bien garnie de chansons
de abdou hamouli, darwish, oum keltoum et abdelwahab.
quand la nuit venait, et que débra cessait son activité de coiffeur,
il fermait à mis-clos les deux battants de la porte du salon,
faisait tourner un disque d'oum keltoum,
s'allongeait sur le banc pour se délectait de cette voix angélique
qui le transportait dans un univers propre à lui.
à ce moment là, il sirotait lentement son verre de thé à la menthe,
en fumant son kif ketami qu'il avait préparé, lui-même,
avec minutie et soin.
 souvent débra enlaceait avec amour son luth
et accompagnait la voix d'oum keltoum.
en ce moment précis, il quittait son métier de coiffeur;
il devint l'artiste débra,
le musicien qui accompagnait Sitt.
débra était effectivement un coiffeur de talent,
mais aussi un musicien inné.
qu'Allah Le Tout Puissant aie son âme!
000
hamidalbachir
mars 2010


Foyer natal 2


Foyer natal- 2
il y a certains points qu'il faut bien préciser,
avant de procéder au développement du récit descriptif
de mon foyer natal.
la situation politique du Maroc et l'impact du protectorat.
sa situation économique et les interférences
entre économie traditionnelle et économie coloniale.
sa situation sociale et les rapports entre indigènes et colons.
c'est que je n'ai pas choisi d'être né en plein période d'occupation de mon pays natal par la puissance française;
mon foyer natal fait partie de ma ville natale occupée,
laquelle elle aussi fait partie de mon pays natal occupé.
alors que faire?
ne parler que d'événements heureux?
certes ils ont existé malgré la très longue nuit d'oppression,
malgré le sang qui a coulé, la sueur qui a coulé,
l'humiliation qui a coulé.
passer sous silence les événements noirs pour ne faire émerger que les blancs,
c'est tout simplement trahir la mémoire de ceux qui,
avec très peu de moyens, ont résisté à l'occupant
et ont rendu son séjour ulta-court.
§§§
§§
§
depuis la signature du traité de protectorat,
entre la France et l'Empire chérifien, en 1912,
l'administration coloniale française a choisi
la non-mixité des deux communautés,
la communauté marocaine dite indigène,
et la communauté européenne.
ce choix a conduit à la situation approximative suivante:
° les citadins marocains sont tenus d'habiter
à l'intérieur des remparts des villes impériales
telles que Fès, Meknés, Marrakech,
(Rabat n'est devenue capitale que bien après 1912),
ou d'autres villes traditionnelles,
formant chapelet,tout au le long de la côte marocaine,
surtout atlantique,la côte méditérrannéenne est,
dans sa majeur partie, sous domination espagnole.
d'autres agglomérations traditionnelles
forment le canevas urbanistique traditionnel
de part et d'autre de la chaîne de l'Atlas,
elles sont soumises aux mêmes lois coloniales.
° la ville européenne, dite aussi moderne ou neuve,
est crée en toute pièce,
à l'extérieur des remparts, pour répondre aux intérêts coloniaux:
- un espace militaire,
- un espace civil,
- un espace industriel.
les trois espaces vont être dotés de moyens necessaires
et suffisants pour leur permettre d'évoluer
normalement selon les exigences de la modernité,
souvent avec une qualité supérieure
à celle de certains centres en Europe.
la ville européenne sera vite alimentée en eau potable,
en réseau d'égoûts, en électricité, en chaussée pavetée,
puis goudronnée, en éclairage public,
en artères de circulation avec trottoir et verdure,
en zones de rencontre publique tels que des stades de sport,
des cinémas, des zoos, des places publiques,
en écoles, hôpitaux, etc...
elle va pouvoir évoluer à l'aise selon sa progression démographique;
elle respire de l'air pur gràce aux plantations
qui sillonnent les voies de circulation, et peuplent les jardins publics.
les installations industrielles ont été implantées selon la rose des vents,
afin que les fumées ne poluent pas le ciel de l'espace civil ou militaire.
° la médina ou ville indigène va subir des dégradations
beaucoup plus accentuées que celles existantes avant le protectorat;
elle va souffrir des méfaits de l'exode rurale;
celle-ci est provoquée par plusieurs facteurs:
* la destabilisation de la population rurale
par les conflits entre seigneurs de la guerre civile;
chaque seigneur est financé et armé par une puissance occidentale
afin d'assurer un pied à terre au Maroc
pour pouvoir le monayer avec la France;
* la main mise des colons sur les terres fertiles
pour les exploiter en zones irriguées
et orienter la mise en valeur vers l'agriculture
dite moderne branchée sur les industries alimentaire,
pharmaceutique,textile, etc...cette occupation a eu double effet:
° l'asphyxie de l'économie traditionnelle;
° et l'exode rurale plus intense que celle due aux guerres civiles;
* la création de zones industrielles va faire appel
à la main-d'oeuvre dite indigène ( bon marché)
pour faire tourner les usines; ce facteur va amplifier l'exode rurale;
* la création de zones militaires et la formation
d'armées coloniales sont eux aussi
deux facteurs non négligeables dans le processus de l'exode.
hamidalbachir
2 juillet 2009
  

foyer natal 1

  Foyer natal- 1
le libellé" feuille d'enfance"
traite une suite d'événements
à caractère personnel ou familial;
il traite aussi de la relation de camaraderie
ou d'amitié, tissée avec des enfants,
dans le cadre spatial et temporel de mon enfance.
le lecteur qui a eu le temps et la patience
de parcourir mes cinq articles précédents,
drôle de naissance,
la boutique-garderie,
ma petite halima,
école coranique sidi messoud,
pieds croisés et bras croisés,
ce lecteur fidèle est en mesure
de comprendre de quoi il s'agit,
quand je cite les lieux de ma première enfance,
tels que bab doukkala,
boutouil, derb sidi messoud.
il faut prendre note surtout
qu'un derb est une rue passante
qui permet de se déplacer d'un quartier à un autre,
au sein de la médina de Marrakech.par contre, une driba signifie une impasse
qui ne mène nulle part.
quand la driba est caractérisée
par sa grande profondeur,
exemple derb aarjane, elle peut,
par extension, être assimilée à un derb.
une saba par contre, exemple sabat elmoubarek,
est un derb ou driba dont l'accès
est coiffé par un logement
reposant à cheval sur les deux côtés du derb.
la plupart du temps, le logement en question prend appui
sur deux arcades en briques artisanales.
mon foyer natal est situé au fin fond
d'une driba dite dribat belmejjad;
il est le dernier de la rangée de gauche, quand on
s'introduit dans cette driba,
laquelle est située au troisième rang
à gauche quand on vient de bab doukkala,
en traversant boutouil,
et en s'engageant dans le quartier arst ihiri,
en empruntant l'artère derb sidi messoud
qui conduit vers arst ben brahim,
ou plus loin, vers zaouya,
sidi ben slimane, sidi ahmed soussi.
la présente feuille d'enfance
compte décrire mon foyer natal,
là où je suis né, là où j'ai vécu ma première enfance;
d'un point de vue scolaire, là où j'ai vécu,
durant les périodes de la boutique-garderie,
l'école coranique sidi messoud,
l'école publique du pacha,
et le cours préparatoire de l'école libre alhayat.
dans un second épisode de cette feuille,
je développerai la description
du cadre physique de mon foyer natal,
et je traiterai en même temps la vie familiale
dans son cadre sociologique,
psychologique, économique et culturel.
écrit par hamidalbachir
le 13/06/09